Une guerre oubliée…

Publié le par Bernard

Dijon et la Franche-Comté ont été occupées par les troupes autrichiennes en décembre 1813, 1814, dans le cadre de la Campagne de France, provoquant inquiétude, réquisitions et incidents civils.

Alors que Napoléon poursuivait ses guerres, les troupes autrichiennes ont stationné dans la campagne autour de Dijon et donc à Chevigny-St-Sauveur. Une occupation que les habitants ont subie… A la fin de ce chapitre nous pouvons découvrir deux extraits de délibération de la commune l’une du 1er octobre et l’autre du 31 décembre 1814 lesquelles rappellent cette douloureuse période.

Campagne de France – (Verner)

En 1813, après la défaite française à Leipzig, la France est envahie par la Sixième Coalition, composée de forces autrichiennes, prussiennes et russes, totalisant plusieurs centaines de milliers d'hommes. Napoléon tente de défendre le territoire avec des armées largement composées de jeunes recrues, les vétérans ayant été décimés lors des campagnes précédentes. La Franche-Comté, en raison de sa position frontalière et de la neutralité suisse, se retrouve sur la trajectoire des troupes autrichiennes.

Déroulement de l'invasion

Les troupes autrichiennes pénètrent sur le territoire helvétique le 21 décembre 1813, violant la neutralité suisse, et atteignent Neufchâtel le 23 décembre. La brigade Scheither, suivie d'une division d'environ 30 000 hommes, progresse vers Pontarlier par le Val de Travers. Une avant-garde de dragons et de hussards passe sous les canons du Fort de Joux le 26 décembre et entre dans Pontarlier dans l'après-midi. Dijon, bien que plus éloignée, est directement concernée par l'inquiétude et les mouvements de troupes dans la région.

Conséquences pour Dijon et la population

L'arrivée des Autrichiens provoque une grande inquiétude parmi la population. Les rumeurs d'invasion et l'absence d'informations fiables entraînent des incidents : des fonctionnaires sont menacés ou en fuite, et des pillages ponctuels se produisent avant l'entrée des troupes. La garde nationale est mobilisée pour maintenir l'ordre, mais la peur et le malaise général sont omniprésents. Les réquisitions et les exigences logistiques des troupes occupantes affectent les habitants et les infrastructures locales.

Contexte militaire plus large

Cette invasion s'inscrit dans la Campagne de France (1814), où Napoléon remporte quelques victoires tactiques mais ne peut empêcher la convergence des armées coalisées vers Paris. La situation financière et militaire de la France est critique, avec des ressources limitées et des armées épuisées par les campagnes précédentes. L'occupation autrichienne de la Franche-Comté et de villes comme Dijon illustre la pression constante exercée sur le territoire français à cette période.

Napoléon (David)

Conclusion

L'invasion autrichienne de 1813-1814 à Dijon et dans la Franche-Comté a été une occupation militaire marquée par la peur, les réquisitions et les incidents civils, dans le cadre d'une campagne plus large qui mènera à l'abdication de Napoléon en avril 1814. La population locale a subi les conséquences directes de la présence des troupes coalisées, tandis que la France, affaiblie, tentait de résister à l'avancée ennemie.

Les Autrichiens apparaissent en Saône et Loire au début de janvier 1814 précédés d’un rideau de cavalerie qui répand la panique. Mâcon, sommé le 12 par quelques hommes, est occupé le lendemain par 300 chevaux. Chalon est pris le 4 février. A Dijon, écrit le haut commissaire comte de Ségur, « une partie à peur », - les souvenirs de Gallas ne sont points morts – « une autre espère le désordre et une troisième, c’est la plus riche, désire l’ennemi », et la ville est occupée sans combat, le 19. Au début de mars, il y a un retour offensif : Mâcon est repris. Mais l’empereur d’Autriche, après avoir séjourné 2 semaines à Dijon, salué par les nobles et les bourgeois locaux, part le 8 avril pour Paris : les négociations de Châtillon n’ont pu arrêter Schwarzenberg… (Histoire de Bourgogne – Drouot et Calmette)

Cavalier autrichien

Dans les délibérations de la commune de Chevigny-St-Sauveur, le  le 1er octobre 1814, il y a fixation de prix pour des préjudices subis par divers personnes :Fixation du prix des chevaux, voitures, harnais perdus en réquisition.

Liste des pertes pour réquisitions de 1813-1814

-Au sieur Jean-Baptiste FERREY, propriétaire une voiture neuve à quatre roues avec accessoires, 4 colliers et autres harnais et un cheval perdu peu de temps après être rentré de réquisition, le tout estimé à la somme de 720 F

-Au sieur François CANET, cultivateur audit lieu, 3 chevaux avec leurs harnais estimé la somme de 600 F

-A la veuve JOSSOT, cultivatrice, 2 chevaux, leurs harnais et un chariot estimés à 570 F

-A la veuve BERTHAUT, un cheval, ses harnais et une voiture à deux roues 212 F

-Au sieur Jean CANET, propriétaire, les harnais servant à un cheval 50 F

-Au Sieur Claude ROLLOT, cultivateur, un cheval qui a péri d’après son retour suite de ses fatigues du voyage 115 F

-Au sieur Jean THUNOT, propriétaire, un cheval, ses harnais estimés à    250 F

-Au sieur Jean-Baptiste MARC, cabaretier, une voiture à deux roues estimées 60 F

-Au sieur Pierre RENARD, un cheval et ses harnais estimé à 200 F

 et le 31 décembre 1814, le CM fixe le prix des objets fournis par la commune aux troupes étrangères en 1813-1814 pour un total de 11862 francs avec en principal la fourniture d’avoine.

 

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Publié dans C'était autrefois

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